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La prévention contre le cancer

Le Cancer : état des lieux

En 2008, on estimait à 166 400 – 6 500 nouveaux cas par rapport à l’année précédente – le nombre de Canadiens qui entendaient les quatre mots qui allaient changer leur vie pour toujours : « Vous avez un cancer ». Près de 74 000 Canadiens sont morts l’an dernier du cancer – 1 100 de plus qu’en 2007.

Il ne s’agit pas juste de statistiques, mais aussi de mères, de collègues, de copains de classe et de grands frères. Ce sont aussi des enfants, des voisins, des grands-parents, des sœurs, des oncles et des amis proches. Ils sont jeunes, vieux, riches, pauvres – des hommes et des femmes de toutes les races, couleurs et croyances.

À mesure que vieillit la génération du Baby-Boom, plus de Canadiens encore vont entendre ce diagnostic. Mais il n’y a pas qu’eux – l’incidence de nombreux cancers au Canada, comme le cancer du sein, de la prostate ou le lymphome non hodgkinien, compte parmi les plus élevées au monde. Selon des données de 2005 de Cancer Research UK (en anglais), l’Amérique du Nord présente le pourcentage le plus élevé au monde de décès par cancer – 23 %. Pire encore, le sang contenu dans cordon ombilical de tous les nouveau-nés dans le monde entier contient désormais des traces de substances provoquant des cancers – pesticides, solvants, hormones et métaux lourds – que nous rencontrons dans l’air que nous respirons, l’eau que vous buvons et les aliments que nous mangeons, à commencer par le lait maternel.

Bien plus de la moitié de tous les cancers sont de nature « environnementale ». Cela signifie qu’ils sont provoqués non par les gènes hérités de nos parents, mais par exposition dans le ventre maternel et pendant toute notre vie après la naissance. Ce que nous faisons à l’environnement, nous le faisons à nous-mêmes – et à nos enfants. Cette folie doit cesser.

La prévention : pourquoi?

Pour prévenir le cancer, on nous supplie d’arrêter de fumer – ou, encore mieux, de ne jamais commencer – de manger beaucoup de fruits et de légumes, de limiter notre consommation d’alcool et de faire de l’exercice régulièrement. Ce sont là d’excellents conseils. Mais plus de cancers encore pourraient être évités si l’on réduisait ou qu’on éliminait de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons et des aliments que nous mangeons, ainsi que des nombreux produits de consommation personnelle que nous utilisons chaque jour, les substances causant des cancers. La plupart de nos maisons, écoles et lieux de travail sont contaminés par ces substances qui peuvent être réduites, voire éliminées complètement.

En Amérique du Nord, on retrouve environ 80 000 substances chimiques synthétiques dans les applications commerciales; à ce chiffre s’ajoutent chaque année quelque 1 000 substances supplémentaires. Seules 7 % des données toxicologiques sur ces produits sont rendues publiques. Plus de 90 % de ces substances chimiques n’ont jamais été testées pour mesurer leurs effets sur la santé humaine, alors que nombre d’entre eux persistent dans l’environnement et s’accumulent dans nos cellules graisseuses, comme le tissu mammaire1.

Des scientifiques de renom dans le domaine du cancer réalisent que la recherche onéreuse menée pour trouver des médicaments qui traiteront les plus de 200 maladies qui rentrent dans la famille des cancers est un puits sans fond et qu’il faudrait se consacrer bien davantage à la recherche des causes des mutations génétiques qui aboutissent à des tumeurs mortelles (Toronto Star, 04/09/2008). Présentement, moins de 2 % du demi-milliard de dollars dépensés dans la recherche sur le Cancer au Canada porte sur la prévention primaire, selon l’Alliance canadienne de recherche sur le cancer.

… parce que ça marche

Malgré l’énorme somme d’argent investie dans la recherche ces 50 dernières années, on court encore après cet insaisissable « remède ». Par contre, à chaque fois qu’un taux de cancer a diminué, on a pu établir un lien évident avec des efforts de prévention entrepris.

En voici deux exemples :

  • La plupart des baisses de mortalité attribuables au cancer chez les hommes canadiens depuis 1988 sont attribuables à la diminution de taux de cancer du poumon2 – conséquence directe des efforts entrepris pour arrêter de fumer.
  • Les taux de cancer du sein chez les femmes canadiennes ont décliné de 1,7 % par an depuis 1999. 3 Des recherches ont établi un lien avec la baisse du recours aux traitements hormonaux de substitution chez les femmes ménopausées avec un cancer positif à l’œstrogène. L’interdiction de pesticides tels que le DDT il y a trente ans a aussi débouché sur une réduction de l’exposition des jeunes filles pendant la phase critique du développement de leur système mammaire.4.

Nous sommes convaincus que de tels succès se multiplieront si l’argent de la recherche est davantage consacré à la prévention.

Quelques changements à apporter dès aujourd’hui

Prévenons le Cancer travaille à une échelle vaste pour retirer de notre environnement les agents qui causent le cancer. Mais vous pouvez, à votre niveau, effectuer des changements tout de suite, pour vous-mêmes et pour vos proches!

Devra Davis dirige le Center for Environmental Oncology (centre d’oncologie environnementale) du University of Pittsburgh Cancer Institute. Outre les règles bien connues de prévention contre le cancer : ne pas fumer, bien se nourrir (avec beaucoup de fruits et légumes frais et préférablement biologiques) et faire de l’exercice, Devra recommande les mesures suivantes :

Nourriture : mangez des produits frais biologiques, surtout les fruits dont la peau se mange, et évitez la viande rouge. Mangez en bas de la chaîne alimentaire en choisissant des fruits et légumes frais, des graines et céréales, et moins de viande.

Produits de nettoyage : regardez sous l’évier de votre cuisine et évitez tous les produits où figure un crâne entrecroisé d’os sur l’étiquette. Achetez plutôt du bicarbonate de soude et du vinaigre – ils font de l’aussi bon travail.

Téléphones cellulaires : limitez vos appels autant que possible ou utilisez un casque d’écoute pour diminuer la pénétration des micro-ondes dans votre cerveau.

Batterie de cuisine et apprêts anti-tâches : jetez toutes vos vieilles poêles antiadhésives abimées, puisque le produit chimique utilisé pour le revêtement, le PFOA, a un lien avec le cancer. On le trouve aussi dans les vêtements résistant aux tâches et les tissus imperméables. On peut porter un imperméable, mais pas à même la peau.

Produits d’hygiène et de beauté : évitez tout ce qui contient des parabènes : butylparabène, méthylparabène – qui, dans certaines études, ont révélé une activité oestrogénique, et qu’on a retrouvé dans des tumeurs du sein chez les humains.


  1. Gray et al, State of the Evidence: The Connection Between Breast Cancer and the Environment, International Journal of Occupational and Environmental Health, Vol. 15/No. 1, Jan./Mar. 2009 (en anglais)
  2. Société canadienne du cancer/Institut national du cancer du Canada: Statistiques canadiennes sur le cancer 2008; consulté le 11 février 2009 en ligne.
  3. Société canadienne du cancer/Institut national du cancer du Canada: Statistiques canadiennes sur le cancer 2008; consulté le 11 février 2009 en ligne.
  4. Gray et al, State of the Evidence: The Connection Between Breast Cancer and the Environment, International Journal of Occupational and Environmental Health, Vol. 15/No. 1, Jan./Mar. 2009 (en anglais)
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